La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), basée à Abidjan, est une particularité du paysage financier africain : contrairement à la plupart des places boursières, elle n'appartient à aucun pays en particulier mais dessert simultanément les huit États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) — Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.
Un marché mutualisé
Cette mutualisation répond à une contrainte structurelle : pris individuellement, la plupart de ces pays ne disposent pas d'une base d'entreprises et d'investisseurs suffisante pour faire vivre une bourse nationale liquide. En regroupant les huit économies autour d'une monnaie commune, le franc CFA, et d'un marché unique, la BRVM offre aux entreprises de la région un accès à l'épargne de l'ensemble de la zone, et aux investisseurs une palette de valeurs plus large qu'un marché purement national.
Organisation et acteurs
Le marché repose sur plusieurs institutions complémentaires : la BRVM elle-même organise la cotation et la négociation des titres, le Dépositaire central/Banque de règlement (DC/BR) assure la conservation des titres et le règlement des transactions, et le Conseil régional de l'épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) exerce la fonction de régulateur pour l'ensemble de la zone.
Les investisseurs passent par des sociétés de gestion et d'intermédiation (SGI), agréées dans chacun des huit pays, qui centralisent les ordres d'achat et de vente avant leur exécution sur le marché.
Deux compartiments
La BRVM comprend un compartiment actions, où sont cotées les entreprises régionales, et un compartiment obligataire, sur lequel s'échangent notamment les titres de dette émis par les États membres et certaines institutions régionales pour financer leurs besoins de trésorerie ou leurs investissements.


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